1984, ou bien 2004.

 

Un hélicoptère survole une autoroute en vol stationnaire. Ou bien une cité. Il la surveille. Il nous guette.

 

Nous ne sommes pas dans un reportage "embeded" en Irak ni en Afghanistan, nous sommes en région parisienne.

 

Au tirage, un traitement très contrasté de l'image rapproche ce cliché du film "La jetée" de Chris Marker.

 

 

 

 

 

Ce passage bétonné m'a immédiatement fait penser à certaines représentations de l'Enfer dans l'iconographie médiévale : bouche démoniaque grande ouverte, dents menaçantes, glotte prête à aspirer le quidam qui aurait l'imprudence de se balader dans les environs...

 

La cité menaçante.

 

 

 

Musique : face B de l'album "Low" de David Bowie.

 

Vous vous baladez dans une cité de la région parisienne un jour gris, bien entendu. Vous contemplez l'urbanisme, sans pour autant l'admirer. Vous vous y habituez. 

 

Vous êtes quand même fascinés.

 

Vous vous interrogez. Comment a-t-on pu penser que la construction de tels ilôts de béton allait déboucher sur  la vie. C'était faire l'impasse sur la sociologie. C'était mépriser l'ethnologie urbaine.

 

Vous constatez que, face à l'absence d'effet positif, face à l'absence d'émulation urbaine, face à l'échec des fantasmes architecturaux, les pouvoir publics ont été contraints de reboucher les quelques bacs à sable où les enfant n'allaient plus jouer.

 

 

Un peu plus de béton...Et les bancs de pierre qui pensaient danser ne font finalement que s'aligner pour se figer comme des tombes.

 

 

 

Parfois un peu de bois émerge au creux d'une vague de béton.

 

Pas un esquife, non, mais une cathédrale laïque, provenant du temps des grandes industries. Ce temps ancien au cours duquel une troupe de fidèles s'est constituée, remplie d'une foi immuable en un avenir meilleur.

 

Puis, comme toute foi, celle-ci s'est tarie, abandonnant ses miriades de fidèles à de nouveaux opiums, tout aussi redoutables...

 

Mais on n'abat pas forcément aussi facilement les vestiges anciens.

 

 

 

Les fleurs ne poussent plus sur les trottoirs de nos cités.

 

A peine peut-on distinguer le ciel dans le reflet des tours.

 

Le sol donne en hiver une allure de cité Gropius à nos banlieues.

 

 

 

Parfois un objet offre l'occasion de s'évader un peu.

 

L'Amérique au bout de la rue !

 

Fuyons, l'air de rien !

 

 

 

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